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Le poivre de Kampot
Cambodge : La fièvre du poivre
C'est à la fin du XIXème siècle et au début du
XXème siècle que la région de Kampot connut une
véritable «fièvre du poivre».
Si le Chinois Tchéou Ta Kouan fait allusion au
poivre du Cambodge dès le XIIIème siècle, la culture
intensive du poivre remonte au début de la guerre
d’Aceh en Indonésie, (1873-1908), le sultan d’Aceh
ayant fait brûler ses poivrières en 1873-1874 pour
ne pas laisser tomber cette richesse aux mains de
ses ennemis hollandais et une partie de la
production se déplace au Cambodge, dans la région
de Kampot.
En 1930, dans l’ouvrage collectif «Un empire
colonial français, l'Indochine», sous la direction de
G. Maspero, il est noté que «le poivre occupe, de
beaucoup, le premier rang [des denrées dites
coloniales d'exportation]. À peu près tout le poivre
consommé en France : 2.100 tonnes en 1927 ;
2.600 tonnes en 1928 (commerce général : 3.200 à
3.500 tonnes) provient de l'Indochine, surtout
depuis que, de par la loi du 13 avril 1928 sur le
régime douanier colonial, les poivres indochinois
sont admis dans la métropole sans limitation de
quantités ; et il n'y a rien à espérer de plus de ce
point de vue. La colonie [d’Indochine] en exporte
cependant davantage : 3.416 tonnes en moyenne
depuis trois ans, et même 4.235 tonnes en 1927. La
culture a à peu près disparu (460 tonnes pour la
campagne de 1907) de Cochinchine, où elle était
dans la province de Hatien entre les mains des
Chinois de Hainan ; mais elle se maintient au
Cambodge.».
On trouve également des références aux
poivrières de Kampot dans l’oeuvre de
Marguerite Duras – Un Barrage contre Le
Pacifique. Celle-ci séjourna en effet à Kampot
jusqu'à son adolescence.
Le poivre fut donc une des industries
principales de la région de Kampot. Sa saveur
et sa pugnacité en firent un des meilleurs
poivres au monde, en vertu de quoi il régnait
sans conteste dans les cuisines des plus grands
chefs français.
Malheureusement, les événements survenus au
Cambodge annihilèrent quasiment la
production. Les infrastructures ont été détruites,
les outils et machineries ont disparues et le
niveau d’éducation a très fortement reculé. Près
de 35% de la population vit aujourd’hui en
dessous du seuil de pauvreté (0.33 € par jour
par personne).
Dans la région de Kampot, le poivrier est cultivé sur des tuteurs de bois mort installés sur un terreplein de terre surélevé pour permettre un meilleur écoulement des eaux de pluies. En condition de culture normale, la variété exploitée à Kampot devrait produire entre 2.5 et 3 kilos par pied et peut atteindre 5 kilos dans des conditions exceptionnelles. La densité moyenne d’une exploitation est de 2500 pieds à l‘hectare.
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